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L'aventure du PIJA...

             15.02.2016

Septembre 2010, sur un sentier poussiéreux et ensoleillé dans les alentours de la Forclaz. Deux collégiennes trébuchent sur les graviers en chantant du Brel. Un sms les interrompt. « La lettre du PIJA est arrivée ! On attend ton retour ou tu veux qu’on l’ouvre maintenant ? » Le PIJA, c’est ce concours d’écriture découvert avant l’été et auquel toutes deux ont participé. L’hésitation n’est pas bien longue, on presse maman de l’ouvrir. On espère un peu, beaucoup. On a hâte de savoir, surtout. On se tortille le nez dans le vent.

Ce camp d’écriture organisé chaque automne par leur collège, c’est devenu la tradition. Quatrième fois qu’elles y participent, elles sont dans leur élément. L’espace de quelques jours, avec la trentaine d’autres rêveurs qui ont osé, elles s’échappent du quotidien pour écrire et partager. 

Et déjà quelques lignes empressées, pianotées par la maman restée en plaine, annoncent le début d’une toute nouvelle aventure : « Vous êtes les deux dans le Palmarès : 2e prix EX-AEQUO !!! ». Elles jubilent.

Difficile d’oublier cette journée, ce timing un peu fou, cette euphorie pleine de promesses. C’est là que tout a commencé...

 

Tout juste deux mois plus tard, j’étais de retour en Valais, à Montana, pour la Remise des Prix du PIJA en compagnie des autres lauréats. Visites guidées, dégustations « du terroir », ateliers d’écriture et rencontres sous la neige... Quatre jours intenses qui sont passés en un clin d’œil ! Je me souviens avoir été impressionnée de me retrouver d’un coup au milieu de tant de jeunes auteurs, venus de Suisse et d’ailleurs.

Je suis rentrée des histoires plein la tête et les doigts fourmillant d’impatience à l’idée de retrouver un stylo, une feuille, de prolonger un peu la magie de ces instants. Dans ma bibliothèque, comme témoin, le recueil du PIJA 2010 avec ses dédicaces, griffonnées au détour d’une soirée sur un coin de table, de piano ou de siège d’autocar. Trois ans plus tard est venu s’y ajouter un nouveau livre, avec son lot de souvenirs dijonnais – entre moutarde, gargouilles gelées et écriture au fil de l’eau.

           

Ce que le PIJA m’a apporté, c’est avant tout la confirmation de ma fascination pour les mots et pour les livres. C’est ce même attachement pour la « chose écrite » qui m’a incitée, au printemps suivant ma première participation au PIJA, à m’inscrire en Lettres à l’Université de Genève pour y étudier le russe et la littérature comparée.

En fin de bachelor, j’ai cherché à voir l’envers du décor, et me suis glissée dans les coulisses du PIJA afin de comprendre comment fonctionne cet événement unique en son genre. Pendant six mois, j’ai pu être initiée au monde de l’édition et découvrir peu à peu le cycle des saisons particulier du PIJA – l’annonce du concours début hiver, la récolte des textes à la fin mars, les délibérations printanières, l’éclosion du recueil sous le soleil estival, la cérémonie automnale... L’année 2015 ayant été également celle de la première édition du Prix du Premier Roman, destiné aux anciens participants du PIJA, mon stage à Charmey a été marqué par deux points culminants : j’ai eu la chance d’intégrer le Jury du Prix du Premier Roman, puis le Jury de présélection du PIJA.

Devoir formuler des opinions précises et poser un regard critique sur les textes soumis au concours a été pour moi une expérience réellement stimulante. J’ai pu alors parcourir une mosaïque de voix et de démarches distinctes – certaines se cherchant encore, d’autres s’imposant déjà avec confiance et audace parfois.

 

Depuis janvier 2016, j’ai l’occasion de m’impliquer plus concrètement encore dans l’organisation interne du PIJA. C’est un vrai plaisir pour moi de pouvoir aujourd’hui contribuer à faire vivre ce beau concours qui révèle chaque année de nouvelles plumes. Dans l’édition, et en particulier à l’Hèbe, le train-train n’existe pas... Plonger et replonger dans la « matière première » autour de laquelle se construit le métier d’éditeur ne laisse pas de place à l’ennui. C’est un monde vivant, dynamique, un paysage toujours renouvelé qui ne cesse de m’étonner. Chaque page lue ouvre un nouveau monde, touche à d’autres possibles...

 

Céline Bischofberger, secrétaire générale du PIJA



 

Organisateurs du PIJA 2016

Jean-Philippe Ayer, éditeur et directeur du PIJA

Céline Bischofberger, secrétaire générale du PIJA

Avec la collaboration active de Pauline Zufferey et Simon Falquet,

anciens lauréats du PIJA et stagiaires aux éditions de l'Hèbe

 

 

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